ENTRETIEN
« Bon qu’à ça »
Entretien avec Jacques Poulin
Robert Lévesque
Le 3 novembre 2008, la Fondation émile-Nelligan remettait le prix Gilles-Corbeil au romancier Jacques Poulin. Accompagné d’une bourse de 100 000 $, ce prix, remis tous les trois ans depuis 1990, était auparavant allé à Réjean Ducharme, Anne Hébert, Jacques Brault, Paul-Marie Lapointe, Fernand Ouellette et Marie-Claire Blais. Le jury du prix 2008, présidé par Robert Lévesque, comprenait Jean-François Chassay, François Dumont, Christiane Frenette et Sophie Montreuil. Absent lors de la remise à la Grande Bibliothèque du Québec, le lauréat a accepté de répondre, chez lui, aux questions du président du jury.
Robert Lévesque — En 1970, sur la jaquette de votre second roman, Le cœur de la baleine bleue, on pouvait lire : « Jacques Poulin habite le Vieux-Québec. Et laisse au lecteur toute la place pour lire et comprendre à sa manière, qui est sans doute la meilleure. » Est-ce toujours votre politique, cette humilité ?
Jacques Poulin — Je trouve que le livre doit être à l’avant-scène, et que l’auteur doit se tenir derrière, le plus loin possible. C’est ma façon de voir le métier, mais beaucoup font le contraire ; chacun fait les choses à sa façon.