Et pour ce qui est à venir ?
Une brève correspondance entre Evelyne de la Chenelière et Olivier Kemeid 1
L’écriture dramatique québécoise trouve sa place dans nos théâtres... une quantité de voix et de paroles nouvelles ont pris d’assaut les scènes montréalaises, même au Théâtre Jean-Duceppe, l’a-t-on suffisamment répété. Il y a, aujourd’hui, davantage d’auteurs publiés, traduits, lus et montés ici et à l’étranger. On s’en réjouit. On célèbre donc, depuis quelques années, « l’effervescence » du théâtre à Montréal.
Là où je cesse de me réjouir, c’est quand je constate que l’effervescence frôle l’hystérie. Le goût pour les nouveaux textes est tel que les auteurs sont poussés à écrire plus vite et davantage. En phase avec notre époque qui célèbre l’immédiateté, la nouveauté, la quantité, on crée vitement ; bien sûr on note au passage, comme on parlerait d’une fatalité contre laquelle on ne peut rien, que les conditions de (...)
1 La première intervention d’Evelyne de la Chenelière a été publiée (dans une version réduite) dans le Voir du 24 décembre 2009, dans un dossier portant sur les transformations culturelles de la dernière décennie.