CHRONIQUE
LE LECTEUR IMPUNI

4. Ruminations

Robert Lévesque

Jean-Pierre Issenhuth, Le cinquième monde - Carnet, Montréal, Fides, coll. « Carnets », 2009, 267 p.

Jean-Pierre Issenhuth, Le petit banc de bois - Lectures libres 1985-1999, Montréal, Trait d’Union, coll. « Échappées », 2003, 441 p.

Je n’ai jamais rencontré Jean-Pierre Issenhuth. Je n’ai aucune idée de sa gueule, que je pourrais librement imaginer parente de celles des grands lézards solitaires de la chronique, du carnet ou du journal, tels un Matzneff ou un Quignard, un Brandys ou un Prokosch, un Citati ou un Cioran, ces écrivains errants, cabrés, que je séquestre et retrouve à la gal’rie j’farfouille dans les rayons sans ordre de ma bibliothèque ; ou alors un Basile, tiens, puisque ces deux-là, l’Alsacien de Fabreville et le Russe de la ruelle Chateaubriand, s’appréciaient tant et que l’amitié parfois vous fait vous ressembler...

Je n’ai jamais vu Issenhuth, mais je l’ai lu, et lire vaut autant que voir. Et relire autant que fréquenter. On développe des habitudes, on reconnaît des penchants, on perçoit des tics, on reçoit des claques et alors, parfois, on est content, ou on est jaloux de n’avoir pas soi-même vu venir la main (ou la patte) qui a écrit ça, qui a frappé si juste. Je n’oublierai jamais cet article — chef-d’œuvre journalistique — dans (...)




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