HORS DOSSIER

De la traduction de quelques intraduisibles

Han Daekyun

Toute œuvre qui ne nous requiert pas est intraduisible.1

Durant la traduction que j’ai faite en 2002 de dix poèmes2 de Gaston Miron, extraits de L’homme rapaillé, j’ai échangé des courriels avec Marie-Andrée Beaudet, qui a été sa compagne de vie, pour le choix des poèmes ainsi que pour des questions relatives à la poétique mironienne et, pour la pratique de la traduction, avec Gilles Cyr « qui […] avait un long moment aidé [Miron] comme un aiguillon et un greffier3». Depuis la parution de ces poèmes de L’homme rapaillé, j’ai enseigné la poésie de Miron à mes étudiants, souvent en traduisant ses poèmes en classe. La traduction quasi complète4 en coréen de (...)

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1 Yves Bonnefoy, « La traduction de la poésie », Entretiens sur la poésie, Neuchâchel, À la Baconnière, coll. « Langages », 1981, p. 102.

2 Cette traduction en coréen d’un choix de poèmes de Gaston Miron a paru à Séoul dans la revue Hyundae Munhak [Littérature contemporaine] en février 2002 (no 566). Y sont traduits « Mer jours », « Soir tourmente », « Ce corps noueux », « Vérité irréductible », « Tout un chacun», «Plus belle que les larmes», «Les siècles de l’hiver», « Compagnon des Amériques », « Au sortir du labyrinthe », « Le quatrième amour », suivis d’une postface rédigée par moi-même, La vie et l’ œuvre de Gaston Miron.

3 Dominique Noguez, « Le poète en souffrance », Études françaises, vol. 35, nos 2-3, 1999, p. 14. Noguez précise : « un aiguillon pour le faire avancer dans les sillons du poème, un greffier pour noter les vers enfin sortis de “ en souffrance ” ». En effet, Gilles Cyr m’a parlé de son rôle dans le développement des poèmes de Miron. Voir aussi Gilles Cyr, « Accueillir l’inconnu. Entretien avec Gilles Cyr », Voix et Images, vol. 28, no 3, 2003.

4 Cette traduction a été faite à partir de l’édition de 1998 de L’homme rapaillé. J’ai ajouté (...)




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