L’héritage est une fiction intime

Anne Trépanier

L’Ancien Testament, comme on ne le sait plus, foisonne d’histoires. Il raconte la Genèse, l’arche de Noé, l’Exode, la terre promise et nous révèle les dix commandements : il est la Première Alliance. Il abonde en psaumes, en mythes et en fresques. Il distingue le Ciel et la Terre, le Paradis et l’Enfer, le peuple élu des Barbares et Dieu des idoles. Et bien que Dieu se fasse entendre par la bouche de ses prophètes, Il leur parle directement. La Parole se reçoit.

Le Nouveau Testament, en comparaison, semble plus sobre, plus humain. Il se limite aux Paraboles et n’a retenu qu’un seul commandement. Et comme il est un écrit palimpseste, il a une grande part de nouveauté, d’où son nom. Il complique ainsi la figure divine, lui donnant une famille terrienne et laissant parmi les humains un tiers de la Trinité : l’Esprit saint. La Nouvelle Alliance passe par la mort du Fils et sa Résurrection. Elle passe aussi par le rituel de l’Eucharistie. Les messagers de Dieu ne sont plus des prophètes, mais des amis du Fils qui, par le miracle de la Pentecôte, distribuent la bonne nouvelle à tout le monde grâce à leur faculté de parler toutes les langues de la tour de Babel. La Parole se partage.

Ce grand livre qu’est la Bible rassemble l’Ancien et le Nouveau Testaments. C’est encore le pilier des bibliothèques de notre civilisation. Mais dans notre société de communication, les livres prennent la poussière. Si le contenu de ces livres n’est pas transmis par (...)




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